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samedi 13 septembre 2014

L'amour est un crime parfait

« L'amour est un crime parfait » est un film hivernal. Pas seulement par le paysage, les Alpes auprès de Lausanne à plein hiver, mais par l’histoire. Une histoire marquée par le fatalisme, comme si on parlait d’une tempête dense de neige qui couvre le paysage, mais qui cache aussi les misères des vies humaines, menaçant de les étouffer.
Le protagoniste, un professeur de littérature dans la quarantaine, joué magistralement par Mathieu Amalric, sujet des passions radicales, est attiré fortement par des femmes plus jeunes que lui, n’importe qu’elles soient des élèves ou les mères de ses élèves, fait qui lui amène dans des situations très controverties qui menacent avec la défaite de son parcours professionnel. Mais il cache un secret terrible, gardé aussi par sa sœur, qui cohabite avec lui.
Les autres personnages montrent un catalogue de caractères vraiment extrêmes : la sœur avec de tendances incestueuses, l’adolescente capricieuse, la police… Ce sont aussi des forces incontrollables qui gèrent les conductes humaines, comme ceux qui ont haussé les hautes montagnes qui les entourent. Il n’a pas d’options à y opposer. Le printemps désiré n’arrivera jamais.
L’histoire amène les spectateurs dans un tournage hypnotique où la violence, la passion, la folie sont omniprésents. Un vertige nous soulève jusqu’au bout de la falaise, où l’attraction du vide devient fatalement incontournable. En résumé, un film à voir, un film à jouer, à s’y abandonner.

mercredi 13 août 2014

Limónov

Limónov est le titre du dernier livre d’Emmanuel Carrère, qui lui a remporté le Prix des Prix, le plus fastueux de la littérature française. L’histoire est passionnante, celle d’un personnage réel, Edouard Limónov, un poète, écrivain, aventurier, politicien, criminel, révolté, « terroriste », « héro »… Et c’est ça que la fait passionnante, sa vie, la multiplicité de facettes et rôles que ce personnage a joué ailleurs. 
Mais, malgré cette variété qui pourrait nous faire penser à un esprit vaporeux et fluctuant, bien au contraire, ce qu’impulse toute sa vie est la volonté de devenir un héro couronné par la gloire, de sucer la moelle osseuse de la vie, soit les femmes, soit les livres, soit la guerre. Le succès qu’il envie est celui des écrivains fameux, des grands soldats, des leaders, des séducteurs des masses. Un personnage controversé qui n’a pas renoncé à la violence, à la cruauté et qui a vécu profondément l’envie, la rage, la haine. 
Ce que nous inspire, ce n’est pas de la bienveillance. On le craint, on l’aime. On le refuse, on le respecte. On le condamne, on le comprend. Nous avons été élevés dans le respect des autres, dans les bons sentiments, jamais blesser les autres, toujours prêts à aider ceux qui souffrent, même si ceci signifie l’abandon ou la répression des désirs les plus intimes. Vraiment, ils sont peu ceux qui poussent la volonté de vivre selon leurs principes et croyances jusqu’au bout. Et Limónov a été un des ces types.
Emmanuel Carrère a écrit une biographie à la fin, mais mêlée de réflexions personnelles sur la politique, l’ambiance des cercles littéraires, ceux des émigrés russes en France, lui-même un personnage marginale de l’histoire racontée. Une histoire fortement contextualisée, où transitent Eltsine, Poutine, Arkan, Milosevic et une bonne partie de l’histoire de l’Europe.


mardi 12 août 2014

Une rencontre... avec Sophie Marceau

“Une rencontre”, avec et pour Sophie Marceau, est un film absolument dédié à exalter la figure de l'actrice. Il nous rend un ensemble d'images dont nous nourrirons nos rêves pendant plusieurs semaines. L'actrice nous montre un éventail accablant de grimaces et des gestes -souriante, triste, fachée, séduisante, burlesque- qui fera les délices de ses admirateurs. 

L'histoire , à son côté, est décevante, une autre histoire d'amour insatisfait, de désir réprimé par des contraintes morales bourgeoises, la sauvegarde de la famille -“mon seul tabou, ce sont les hommes mariés”, dit la protagoniste, récemment sortie d'une relation amoureuse-, qui n'empêche pas les amants de rêver d'une tel situation. Mais, où est vraiment le “mensonge”, la “trahison”? Au moment de l'acomplissement de l'acte sexuel, dès le moment où commence le désir, ou au procès de séduction, conscient ou pas -les premier mots, les sourires, les regards mutuelles-?

En tout cas, l'attitude de la protagoniste peut être plus rationnelle et honnête que celle de l'homme, vue qu'elle puisse obéir simplement à une restriction fonctionnelle, empêcher des complications supplémentaires. Mais l'homme, il rénonce à matérialiser ses rêves par peur, par lâcheté. Peur à perdre son status, peur à n'être pas à l'hauteur d'un amour fou et passionné, il préfère la rencontre furtive, cachée, condamnée infailliblement à la défaite.

En conclusion, un film raté, mais qui nous offre la possibilté de jouir des images incontournables de Sophie Marceau et seulement pour cette raison, un film hautement recommendé.

dimanche 27 avril 2014

"L'attentat", de Yasmina Khadra

Yasmina Khadra est un romancier algérien qui a été officier de l’Armée algérienne dans les années les plus dures de la lutte contre le terrorisme islamique du Groupe Islamique Armé. Il a écrit une Trilogie d’Alger où il racontait en clé de « roman noir » des histoires situées à cette époque-là. Des histoires où la cruauté, la corruption, la violence défermée ailleurs étaient les protagonistes principales. Après, il a écrit d’autres histoires avec un dénominateur commun, à savoir, les protagonistes de ses romans avaient une très grande difficulté à se reconnaître membres d’une société déchirée par la violence, incapables de s’identifier avec aucun des partis contendants. Au début, il a dû masquer son propre identité sous le pseudonyme qui l’a fait fameux et, finalement, il a dû partir en France. Quelques-unes de ses œuvres ont été portées sur l’écran avec un grand succès, comme celle-ci titrée « Ce que le jour doit à la nuit » qui est arrivée aux cinémas d’Alicante récemment.
Je suis un fidèle lecteur de ses romans, je les ai pratiquement tous lus et ceux que je ne les ai pas lus encore, je les ai en attente sur la table de chevet. Je viens de lire maintenant « L’attentat «, une histoire qui se passe en Israël, il y a quelques années. L’histoire commence brutalement avec un attentat commis par un terroriste suicide. Les cadavres commencent à arriver à l’hôpital où travaille le protagoniste, un chirurgien arabo-israélien très réputé, modèle et exemple du succès de l'intégration suposée des arabes dans la société israélienne. Il habite à une très belle maison, dans un quartier chic, il est heureusement mariée… 
Heureusement mariée ? ?? Parmi les cadavres qui arrivent à l’hôpital il y en a un très spécial, ce du terroriste suicide, « de la » terroriste suicide à vraiment dire. La terroriste suicide qui s’est faite exploiter dans un restaurant plein de familles et qui a tué dix-sept individus était… sa femme. Alors, toute sa vie jusqu’à ce moment-là reste suspendue dans un état d’incompréhension. Il se sent confus, trompé, abasourdi... Tout ce qu’il croyait sous contrôle, justement réglé, devient absolument renversé. Ses voisins israéliens lui font objecte d’humiliations et d’affronts et la majorité de ses collègues l’en veulent. Seulement quelques amis essaient de l’aider. Mais il commence un périple de recherche qui l’amène à connaître les raisons qui ont mu sa femme à devenir une terroriste. Il trouve les flics, la famille de sa femme, la sienne, les cellules terroristes, les illuminés avec des discours incendiaires... Pourtant, il ne revient pas à s’identifier avec personne. 
Les histoires de Yasmina Khadra sont des histoires émouvantes qui mélangent des émotions extrêmes avec la narration des faits divers, racontées avec un style précis en les descriptions et aussi en les scènes d’action et aux dialogues. M. Khadra est un écrivain que j’aime beaucoup –bien que tous les livres ne soient pas également réussis- et que je vous recommande fortement.

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